Poésie
Le Bouquet entaché
Extraits :
D’une lumière médusée, d’une connnaissance méprisée
Et, que de défauts en vertu,
Et combien d’images, vilement tordues,
Images démentielles de folle érigées
En armes consciemment dirigées.
Enveloppées par de bouillants caprices, Lugubre logique et faux sacrifices,
Que le chagrin amasse et entasse
Dans des tombés aux feux de glace.
Aveugle univers, manquant de foi.
Art des démons et leur sort de feu et fer,
Inspirant : crimes et malheurs
Provoquant : pleurs et douleurs,
Traînant victimes par entrechoques,
Un vil combat de glaives sans crocs.
Un «moi-maudit» qui,
Sans crainte, médit
Par des discours solennels, vilement ourdis,
Discours frivoles, douces paroles de complaisance,
Sotte ignorance d’un talent d’une blême aisance
Son obscure furie est si grande et noire,
Sa main cruelle, toujours, en quête de gloire,
D’une ambition gonflée,
De maigre fortune, importune dans sa manie,
D’une envie folle, dans son abîme, sans génie,
D’une fausse pudeur, emportée sans ses airs,
Ensevelies sournoisement dans les sales guerres.
Par d’impromptus chants, tant méprisés.
Par des mots, hypocritement enflammés
Et le sourire d’un égarement exhumé.
De tout son poids, l’ignoble traître, danse et boucane.
Une gamme minée, pour spectateurs ligotés,
Notes surgelées, puis réchauffées
Et lâchement récitées.
Qui, Sans foi, ni loi régit.
Couvant une piteuse démagogie.
Menée par d’affreux monstres, errants
Dans les déluges des terres vides.
Peuplant
Les terriers, et de crimes sanglants étant nourris.
De dogmes guerriers, pleins de poison et pièges perfides.
Et des vices voilés, d’un artifice, de mal épris.
Leur passé vanté, leur présent abusé
Et un futur, dans un esprit sans raison.
Vacillante éthique ou vadrouille historique ?
Monochromie des apparences et discours dichroïques,
Délires hérétiques ou hiatus mnésique ?
Ton pathétique, parfois même prophétique.
Des récitals pamphlétaires, ultra discrets,
Une drôle d’horreur au rabais,
Pour avoir l’heur de plaire,
Et pourtant toute sphère demeure circulaire.
Indélébiles traces
Que la comédie de l’histoire n’efface.
Quelle créativité !
Quelle funeste symphonie, détestable
Quelle grotesque cérémonie., misérable
Indifférence, insouciance, négligence et légèreté,
Feront naufrage dans l’océan de Vérité.
Car l’ouvrage, vanté, d’un esprit narcissique,
N’est qu’une page souillée, d’immondices diaboliques.
Quand l’être, enfin épuisé, jugera-t-il
Ses actes rebelles et téméraires ?
Quand l’être, enfin, désabusé, signera-t-il
Le pacte de la paix sur terre ?
Le bouquet entaché
(Poésie) - Éditions Geb, Constantine, 2006
Présentation du recueil :
On lit « Le Bouquet entaché » comme on traverse la vie : une beauté sûre, des valeurs indéniables mais des points noirs, des zones sombres qui brouillent la vue et altèrent l’image finale. Le poète, s’il n’a pas raté l’essentiel, n’aura pas non plus lésiné sur les mots : réflexion sage servie par un vocable sans verbiage ni surenchère prétentieuse. Les peintures thématiques illustrant certains poèmes habillent de leurs couleurs savantes le squelette noir des mots. Quant aux « maximes » qui clôturent le bouquet, ne sont-elles pas la rosée qui lave par ses gouttelettes précieuses la souillure du temps sur les pétales des âmes ?
Revisités par C.Abdedaïm, les sentiers battus de la vie humaine se laissent malgré tout traverser sans lassitude. Une promenade au gré des aléas de l’existence d’un homme, d’un pays, d’une communauté aux frontières de moins en moins évidentes.
Les astres mènent la danse,
Se frayant leur voie
Parmi les feuillages des mystères.
Des roseaux marcottés
Enfantent les pèlerins de la liberté.
Les hôtes de la dignité
Hument le breuvage,
Au fond d’une coupe sans forme.
Leurs souffles transcendent
Les jougs de l’âme charnelle
Et l’emprise
De l’enveloppe corporelle
La vérité
Eclate de leurs paroles
Embaumant l’assemblée
De la noblesse.
Jardins terrestres
Ou célestes,
Peu importe,
Car l’espace
N’a plus lieu d’être.
Été ou printemps,
Le temps
Demeure absent.
Peu importe la saison. [1]
Sous diverses formes au discours déguisé
Croyant leurrer et peut-être surprendre.
En ces temps dits
Modernes et sans répit
On fuie le présent d’un passé alourdi.
Esprits sans raison et fautes en vertu
Dans le miroir du temps une image tordue
Révélant à l’homme sa folie érigée.
Lumière dévoilée et clarté révélée
Quand l’éclat démasque les vices déguisés
Et les passions dangereuses
D’un homme follement passionné.
Et quels arguments pourraient-ils le raisonner ?
Dans l’indigne bassesse
Un félin qui, dans sa largesse, traîtresse
Ignore la sagesse.
En ces temps-là !
Chérif Abdedaïm (le 07 mai 2007)
Maximes parues dans "Le Bouquet entaché"
(Recueil de poèmes et maximes)
1/ Les propos de la raison révèlent la bonté des mots dans leur fertilité.
***
2/ Le guide de la raison se révèle dans le présent, balayant le passé d'un regard critique et avisé, projetant les pensées sur les fresques d'un futur éclairé.
***
3/ Quand le secours devient le théâtre du bon sens, dans sa générosité, se révèle, alors, la vérité.
***
4/ Noble et humble, le sage est l'initié.
***
5/ Ceux qui vivent profondément l'oeuvre d'autrui, sauront qu'ils ont compris l'homme dans l'oeuvre et l'effet de l'oeuvre dans l'homme.
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6/ Par la mort, les hommes justes ne sont jamais effrayés; sinon, la frayeur serait insensée.
***
7/ L'expression de la douleur s'engouffre dans les pleurs.
***
8/ L'hypocrisie, image détestable, choque sans équivoque.
***
9/ Qui ne s'arme de patience, s'engouffre dans l'intolérance.
Qui ne s'arme der science, s'engouffre dans l'ignorance.
Sui ne s'arme de conaissance, s'engouffre dans l'insouciance.
***
10/ Prise de conscience, résistance, indifférence dépendent toutes de la constance, de l'endurance et de l'indulgence. Douce Clémence et merveilles de la Providence.

