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Tam dans tous ses états
Cette région dénommée «ville rouge», une oasis sans palmier, possède également un patrimoine floristique des plus variés du Sahara et à travers laquelle on a recensé plus de 300 espèces végétales d’origines différentes (tropicale, méditerranéenne, cosmopolite, etc.).
Issue du découpage administratif de 1974, la wilaya de Tamanrasset s’étend sur une superficie de 557 906 km2 environ, soit le quart du territoire national. Située à l’extrême sud du pays, elle est limitée par les wilayas de Ghardaïa au nord, Ouargla au nord-est, Illizi à l’est, Adrar à l’ouest, le Mali au Sud et le Niger au sud-ouest. Cette petite planète s’étale sur une région montagneuse surplombée par le massif de l’Atakor (le crâne) qui comprend le mont Tahat (3 303 m d’altitude) considéré comme le plus haut sommet du Hoggar, suivi du sommet légendaire Lamane (2 760 m) et enfin du fameux Assekrem (2 728m) tant convoité pour la vue qu’il offre, au coucher du soleil comme à son lever.
Outre cela, cette région possède le plus grand parc naturel du monde. Ses principaux atouts sont d’ordre archéologique, historique, culturel et touristique. Ainsi, disposant d’une multitude de richesses, la wilaya de Tamanrasset offre plusieurs opportunités d’investissement dans le secteur touristique. Dans ce contexte, on dénombre déjà, plus de 73 agences touristiques ; alors que d’autres sont en passe d’avoir leurs agréments. A l’heure actuelle, on enregistre au niveau du CALPI, 24 projets relevant de l’accueil et l’hébergement dans le secteur touristique. Parmi ces projets, 20 ont reçu l’aval de la commission de wilaya, 3 sont en voie de réalisation alors que le dernier est en voie d’exploitation. Une situation justifiée par une affluence touristique assez significative.
En langage chiffré, depuis 1999 jusqu’à 2004, on a enregistre 33 954 touristes de 45 nationalités différentes ; alors que pour la seule année 2005, leur nombre a atteint 18 884 dont 11 441 ont rejoint Tam par voie terrestre.
Et pourtant, si l’on parcourt les 650 km reliant In Salah à Tamanrasset, on est découragé par l’état de délabrement de la route. Un problème de taille qui a nécessité la mobilisation d’un milliard de dollars pour la réhabilitation de cette route nationale et dont les travaux seront réalisés par des entreprises étrangères.
Un monde envoûtant
Tamanrasset a de tout temps été synonyme d’évasion, de grands espaces d’aventures, au point où pour imprimer définitivement cette image dans l’esprit des hommes, l’on est arrivé à lui fournir un personnage-héros : «L’homme bleu» (appelé ainsi, à cause du Taguehmoust, ces quelques mètres de percale d’un bleu indigo protégeant et masquant le visage). Ainsi, tout au long du voyage, peut-on également découvrir cette variété de paysages, un coktail panoramique des plus envoûtants. Certains systèmes montagneux se présentent comme des dômes immenses, d’autres comme d’énormes dents de chiens aux arêtes vives, alors que les massifs volcaniques offrent l’aspect de cratères démantelés, d’aiguilles pointant vers le ciel, d’éperons ou de champs de lave. Cette région dénommée «ville rouge», une oasis sans palmier, possède également un patrimoine floristique des plus variés du Sahara et à travers laquelle on a recensé plus de 300 espèces végétales d’origines différentes (tropicale, méditerranéenne, cosmopolite, etc.).
Cette flore spontanée constitue une ressource naturelle et pastorale pour la faune domestique et sauvage. Elle est également utilisée en médecine traditionnelle, pour les usages domestiques, dans l’artisanat — notamment la vannerie — et l’habitat.
Cette végétation de toute première importance pour les troupeaux des nomades, est conjuguée notamment à une faune assez variée.
A cet effet, citons les gazelles dorça, les mouflons, les guépards, les chacals, les fennecs, les chats sauvages et une grande variété d’oiseaux. Des richesses enfin que le visiteur commence à découvrir dès son arrivée à In Salah, dans le Tidikelt.
In Salah ou les ergs du Tidikelt
A 650 km au nord de Tamanraset, In Salah se pavane dans le Tidikelt, offrant une étendue d’ergs, cachant ses secrets au premier venu.
Cependant, ses nombreux sites et gisements, aussi riches que variés, témoignent de l’évolution du Sahara central sur toutes ses facettes (climatiques, géomorphologiques et humaines). Ainsi, à 15 km au nord-est d’In Salah, dans un paysage lunaire défiant toute imagination, se dresse le rocher de la demoiselle. On y trouve aussi des pierres bleues façonnées, semble-t-il, très curieusement par une demoiselle portant une grande coiffure.
A l’ouest de la ville, dans la région d’Inghar (à 72km) la forêt de bois pétrifié défie les lois de la nature avec ses arbres silicifiés et dont certains atteignent les 40m de long.
Certains disent qu’ils dateraient de 60 à 80 millions d’années ; d’autres prétendent 200 millions d’années. A cet effet, Abdelkader Hafnaoui, sous directeur, chargé de l’OPNA (Office du parc national de l’Ahaggar) au niveau de In Salah, nous déclare : «Tant que des études scientifiques n’ont pas été effectuées, on ne peut rien confirmer. » Des études ? Il en faut ; car le parc de l’Ahaggar, s’étendant sur une superficie de 450 000km2, regroupe plusieurs sites et monuments historiques dont les secrets méritent amplement d’être mis en lumière de façon rationnelle.
C’est un berceau de multiples civilisations dont témoignent les sites paléo-inférieurs, paléo-moyens, néolithiques, rupestres et proto-historiques.
Dans ce contexte, la Casbah de Badjouda. située au centre ville d’In Salah, bénéficiera prochainement d’une étude pour sa réhabilitation alors que les Casbah de Ouled El Mokhtar, Ouled Baba Aïssa, Ouled Ahl Azzi et Ksar El Mourabitines sont en voie d’être classées. «Actuellement, il y a un programme avec le PNUD pour le parc du Tassili et le Hoggar», nous confie notre interlocuteur.
Par ailleurs, et outre la forêt de bois pétrifié, la région d’In Salah offre également un véritable musée à ciel ouvert. Ainsi, peut-on notamment découvrir des fossiles marins de l’ère primaire (Déronien, 395-345 millions d’années), des vers de mer, des moulages d’oursins, de cétacés marins (141-65 millions d’années), etc.
Ces fossiles attestent bien que la région a vécu autrefois dans une luxuriance «amazonienne» et sous un climat beaucoup moins rude que celui qu’elle connaît actuellement.
Il y a quelques huit mille ans, l’actuel désert était parsemé de lacs et l’Ahaggar-Tidikelt avait le privilège d’abriter une flore venue des bords de la Méditerranée, poussée par les pluies fraîches. Contradictoirement, la faune était «éthiopienne» et ce n’est pas le moindre paradoxe que d’imaginer un chasseur guettant un hippopotame, à l’abri d’un tilleul poussé au bord d’un lac de l’Immidir ! Là où l’eau se fait de plus en plus rare (il ne tombe annuellement dans l’Ahaggar que quelques centimètres de pluie). Une coquille de mollusque subfossile, celle lalimicolaire de Chudeau, révèle qu’au début du néolithique, la région recevait un minimum de cinquante centimètres de précipitations.
En effet, ces restes marins trouvés un peu partout à travers le Tidikelt, nous apprennent qu’il existait autrefois des mers en ces endroits du Sahara algérien.
En attendant la réglementation qui devrait fixer les sites à étudier et les sites autorisés à la visite, la région du Tidikelt reste un espace dénudé, dévoré par le soleil, où tout se consume depuis des siècles dans une incandescence immobile. Une beauté des lieux et la bonté de cet «homme du désert», authentique mais méconnu, dans le prolongement du Sahara et le recommencement de la civilisation.
L’Ahaggar fief des civilisations
La wilaya de Tamanrasset englobe, à elle seule, une bonne partie du Sahara central. Au cœur de cette région, le Hoggar (Ahaggar) est un massif montagneux, volcanique circulaire, dominé par une sorte de plateau, l’Atakor, d’une altitude moyenne de 2 000 m, hérissé de pitons atteignant plus de 3 000 m.
La région de l’Ahaggar, déjà connue pour son patrimoine archéologique, architectural, artistique et naturel susceptible d’être exploité non seulement sur le plan touristique mais aussi sur le plan social, économique et culturel demeure notamment l’un des plus beaux déserts du monde. Certains parlent d’une planète à part, d’un autre monde fait de lumières et de couleurs, où la pureté de l’air et le silence immense vous grisent, où l’impression de liberté vous enivre.
Il n’y a pas que du sable et des dunes comme pourraient penser les néophytes, le visiteur est surpris par la variété permanente des paysages, plaines énimaginables, plateaux, falaises déchiquetées, montagnes inattendues, oueds où surgissent des tâches de verdure, gueltas verdoyantes, oasis, ksours. Des couleurs sans cesse changeantes du sol et des roches et tous les décors qui harcèlent votre imagination : ergs, regs, hamadas, tassilis.
Autour de l’Ahaggar, en couronne discontinue, on trouve les Tassilis, où se mêlent roches et sables; les plus connus sont : les Tassilis N’Ahaggar (à 300km au sud-est de Tam) et N’Ajjers (à 600 km au nord-est de Tam).
Au cours de son long cheminement à travers les siècles, le Hoggar a toujours été une étape importante pour les caravanes commerciales qui sillonnent le Sahara. Les voyageurs et historiens arabes du Moyen-Age, nous renseignent également sur le mode de vie des habitants du Sahara à la fois pasteurs-nomades et guerriers.
Aussi, la présence humaine dans cette région remonte de 600 000 à 1 000 000 d’années, âge attribué par les découvertes réalisées au niveau de la région du Tassili et du Tidikelt. Les vestiges matériels sont de toute façon peu nombreux. Et c’est au Sahara où le climat était humide que la civilisation devait connaître son apogée comme l’attestent les impressionnantes et fascinantes peintures et gravures rupestres du Tassili et du Hoggar.
Les vestiges trouvés jusqu’alors, constitués d’objets de la vie courante d’autrefois et par d’extraordinaires peintures et gravures datant de 600 à 5400 avant J.C, font apparaître quatre grandes périodes :
La période bubaline
(de -6600 à -4000) ou le néolithique ancien. Avec un climat d’abord chaud et humide évoluant vers un climat chaud et sec. C’est l’époque archaïque.
La période des pasteurs bovidiens (de -4000 à
-2500) ou le néolithique moyen et final avec un climat chaud et sec de type méditerranéen assez arrosé en montagne. C’est l’époque bovidienne (période du bœuf domestiqué).
La période cabaline (de
-2500 à l’ère protohistorique : notre ère) Le climat sahélien sec remplaçant progressivement un climat méditerranéen sec. C’est la période équidienne (période à chars et à cavalerie)
Du Ve au VIIe siècle avant J.C, l’Ahaggar connut une ouverture des routes commerciales avec l’Afrique subtropicale en faisant le carrefour d’échange entre l’emprise romaine et l’Afrique noire.
La période du chameau
(-300) climat désertique actuel, c’est la période caméline.
L’Assekrem et son coucher…
L’Assekrem, situé à 80 km au nord de Tamanrasset, demeure un lieu très convoité par les visiteurs de tous bords. Son secret, c’est l’un des plus beaux couchers de soleil au monde. Chaque soir, les touristes affluent, appareils photos en bandoulière pour tenter d’éterniser à jamais cette cérémonie solaire et cette superbe vue panoramique sur les vastes plateaux de l’Atakor.
En sa moitié orientale, loge l’énorme culot volcanique d’Iharene (Pic Laperrine), la source thermale de Tahabort et les cascades d’eau d’lmlaoulaouène. Au pied de l’Ahonahamt, on y trouve un tombeau néolithique et des gravures rupestres réparties sur une dizaine de sites. Sur le versant occidental se dresse le majestueux Mont Lamène (2 760m) constitué de faisceaux coniques jaillissant du sol et s’étirant vers le ciel. Un paysage dont l’allure tourmentée et contrastée étonne toujours le voyageur le plus blasé. Un spectacle étonnant, où sillonnent des artères entaillant les flancs des volcans, se regroupant en chenaux envahis par des sables blonds et allant capricieusement se perdre dans les lacs morts au pourtour de l’Ahaggar.
Ainsi, après avoir savouré les quelques minutes du fameux coucher de soleil, le rendez-vous nous a été donné chez Mohamed, le locataire de l’auberge située au pied de lAssekrem. Dans une ambiance fraternelle et autour des trois verres de thés classiques, ce dernier nous raconte l’histoire de l’inconnue du Mali. C’était une jeune femme qui traversait la frontière algérienne pour rejoindre son amant, un Targui, aux abords de Bordj Badji El Mokhtar. Cet acte jugé rebelle par sa famille, la jeune fille fut répudiée.
L’amant mourut quelques années plus tard, ils ne purent se marier. Actuellement devenue vieille, cette héroïne fidèle ne s’est jamais mariée et vit encore au Mali. Toute cette histoire a été déclenchée par son portrait accroché à l’entrée de l’auberge. Une histoire authentique qui pourrait bien inspirer beaucoup de cinéastes et que Mohamed a su narrer en compagnie de son cuisinier Mohamed, le poète venu d’Adrar, dans une ambiance où la bonté, la simplicité et la sincérité étaient de mise.
Sur les traces de Tin Hinan
Après avoir passé une nuit sur les hauteurs de l’Assekrem, nous nous sommes dirigés vers Abalessa, 90 km au nord ouest de Tamanrasset. Là, se trouve une palmeraie et le prestigieux sanctuaire de la reine Tin Hinan. Ce site se situe au sommet d’une colline au confluent des oueds Tifirt et Abalessa. Unique dans tout le Sahara central, il se distingue par ses dimensions : 26,25 m de grands axes et 23,75m de petits axes et par ses structures complexes. Un tracé trapézoïde comprenant 11 chambres et une chambre funéraire.
Les traditions de l’Ahaggar, rapportent qu’à une époque ancienne, deux femmes berbères venant de Tafilalet (Maroc), l’une noble, Tin Hinan, et l’autre vassale, Takama.
Tin Hinan a eu une fille dont se réclament les Kel Ghela et Takama aurait eu deux filles; de l’une descendaient les lhadharen et de l’autre les dag Ghali et Aït Loayen. Le tumulus daterait du Ve siècle de notre ère et la dépouille serait celle de Tin Hinan, baptisée Antinéa par l’explorateur Henri Lhote (1984). Son squelette est aujourd’hui conservé au musée du Bardo à Alger.
De là, nous emboîtons le pas vers Tit, un petit village situé à 40km au nord de Tamanrasset, sur la RN1. C’est un ensemble de stations rupestres les plus importantes de l’Ahaggar ; et plus particulièrement la station de Tenessa dont l’inventaire faunistique comporte des éléphants, des girafes, des autruches et des antilopes.
Dans ce lieu paradisiaque, nous apercevons des zébus (vaches africaines) au bord d’un cours d’eau. C’est une source limpide où l’on peut se rafraîchir en attendant la cuisson de Taguella (une galette cuite dans le sable).
Lors de notre pause, l’occasion nous a été donnée de rencontrer une équipe de gardes-forestiers accompagnés d’un vétérinaire traquant une cinquantaine de cigognes, et ce, dans le cadre de la lutte contre les oiseaux migrateurs et porteurs du virus de la grippe aviaire.
A cette occasion, M. Hacène Benziar, vétérinaire dans la wilaya de Tamanrasset a tenu à démentir la rumeur stipulant qu’il existe des cas de grippe aviaire dans cette wilaya. «La preuve, nous dit-il, est que le prix du poulet n’a pas chuté», rajoutant que les 19 vétérinaires que compte la wilaya n’ont trouvé aucun volatile porteur du virus en question. Dans ce cadre, M. Benziar nous a également informé qu’un projet relatif à la réalisation de deux observatoires au niveau de Tin Zaouatine et de Lazarets au niveau de Aïn Guezzam, pourraient voir le jour prochainement en cas d’accord entre des experts français et l’Etat algérien.
Tam, c’est aussi cela...
Si l’activité touristique est un élément moteur pouvant permettre le décollage économique, la mise en valeur des richesses humaines et naturelles tout en étant un espace prometteur en matière de création d’emplois, sur le plan social, la situation n’est pas aussi rose qu’on le croit. L’éternel problème du chômage qui, selon une source digne de foi, avoisine 20,72%, demeure l’un des principaux problèmes rencontrés par la jeunesse. Une situation qui se complique d’ailleurs par l’immigration clandestine. Les «souadines», comme tient-on à les appeler, sont surexploités à bas prix (100 DA la journée et parfois moins). Même les mineurs n’échappent pas à ce type d’asservissement.
En 2005, le bilan de la gendarmerie fait état de 2 229 arrestations d’immigrés clandestins de différentes nationalités africaines, alors que les nationalités asiatiques sont représentées par l’Inde avec 143 ressortissants et le Bangladesh avec 25 ressortissants.
Parmi cette armada, 2 071 «clandos» ont été expulsés et 185 écroués. Un mouvement qui n’épargne aucun effort pour passer les frontières, en dépit des risques encourus. De ce fait, 26 cas de falsification de passeports ont été enregistrés en 2005, et 299 passeports de nationalités différentes saisis. C’est également cette immigration qui a transplanté le SIDA dans la région. Et ce ne sont pas les chiffres qui nous démentiront du moment que Tamanrasset occupe la première place à l’échelle nationale. Une réalité reflétée par les maisons closes situées au quartier du Château d’eau, aux environs de Guatâ El Oued.
Cette zone est également dangereuse, au vu des agressions perpétrées par les «souadines». Beaucoup ont payé de leur vie en traversant cet oued à la nuit tombée. Outre cela, le bouquet ne saurait être complété que par la toxicomanie qui fait bon ménage avec ces milieux.
Ainsi, sur 117 personnes interpellées au cours de la semaine du 9 au 25 janvier de l’année en cours, 50 sont des étrangers. Tam ?
C’est aussi cela !
Reportage réalisé par Chérif AbdedaïmOutre cela, cette région possède le plus grand parc naturel du monde. Ses principaux atouts sont d’ordre archéologique, historique, culturel et touristique. Ainsi, disposant d’une multitude de richesses, la wilaya de Tamanrasset offre plusieurs opportunités d’investissement dans le secteur touristique. Dans ce contexte, on dénombre déjà, plus de 73 agences touristiques ; alors que d’autres sont en passe d’avoir leurs agréments. A l’heure actuelle, on enregistre au niveau du CALPI, 24 projets relevant de l’accueil et l’hébergement dans le secteur touristique. Parmi ces projets, 20 ont reçu l’aval de la commission de wilaya, 3 sont en voie de réalisation alors que le dernier est en voie d’exploitation. Une situation justifiée par une affluence touristique assez significative.
En langage chiffré, depuis 1999 jusqu’à 2004, on a enregistre 33 954 touristes de 45 nationalités différentes ; alors que pour la seule année 2005, leur nombre a atteint 18 884 dont 11 441 ont rejoint Tam par voie terrestre.
Et pourtant, si l’on parcourt les 650 km reliant In Salah à Tamanrasset, on est découragé par l’état de délabrement de la route. Un problème de taille qui a nécessité la mobilisation d’un milliard de dollars pour la réhabilitation de cette route nationale et dont les travaux seront réalisés par des entreprises étrangères.
Un monde envoûtant
Tamanrasset a de tout temps été synonyme d’évasion, de grands espaces d’aventures, au point où pour imprimer définitivement cette image dans l’esprit des hommes, l’on est arrivé à lui fournir un personnage-héros : «L’homme bleu» (appelé ainsi, à cause du Taguehmoust, ces quelques mètres de percale d’un bleu indigo protégeant et masquant le visage). Ainsi, tout au long du voyage, peut-on également découvrir cette variété de paysages, un coktail panoramique des plus envoûtants. Certains systèmes montagneux se présentent comme des dômes immenses, d’autres comme d’énormes dents de chiens aux arêtes vives, alors que les massifs volcaniques offrent l’aspect de cratères démantelés, d’aiguilles pointant vers le ciel, d’éperons ou de champs de lave. Cette région dénommée «ville rouge», une oasis sans palmier, possède également un patrimoine floristique des plus variés du Sahara et à travers laquelle on a recensé plus de 300 espèces végétales d’origines différentes (tropicale, méditerranéenne, cosmopolite, etc.).
Cette flore spontanée constitue une ressource naturelle et pastorale pour la faune domestique et sauvage. Elle est également utilisée en médecine traditionnelle, pour les usages domestiques, dans l’artisanat — notamment la vannerie — et l’habitat.
Cette végétation de toute première importance pour les troupeaux des nomades, est conjuguée notamment à une faune assez variée.
A cet effet, citons les gazelles dorça, les mouflons, les guépards, les chacals, les fennecs, les chats sauvages et une grande variété d’oiseaux. Des richesses enfin que le visiteur commence à découvrir dès son arrivée à In Salah, dans le Tidikelt.
In Salah ou les ergs du Tidikelt
A 650 km au nord de Tamanraset, In Salah se pavane dans le Tidikelt, offrant une étendue d’ergs, cachant ses secrets au premier venu.
Cependant, ses nombreux sites et gisements, aussi riches que variés, témoignent de l’évolution du Sahara central sur toutes ses facettes (climatiques, géomorphologiques et humaines). Ainsi, à 15 km au nord-est d’In Salah, dans un paysage lunaire défiant toute imagination, se dresse le rocher de la demoiselle. On y trouve aussi des pierres bleues façonnées, semble-t-il, très curieusement par une demoiselle portant une grande coiffure.
A l’ouest de la ville, dans la région d’Inghar (à 72km) la forêt de bois pétrifié défie les lois de la nature avec ses arbres silicifiés et dont certains atteignent les 40m de long.
Certains disent qu’ils dateraient de 60 à 80 millions d’années ; d’autres prétendent 200 millions d’années. A cet effet, Abdelkader Hafnaoui, sous directeur, chargé de l’OPNA (Office du parc national de l’Ahaggar) au niveau de In Salah, nous déclare : «Tant que des études scientifiques n’ont pas été effectuées, on ne peut rien confirmer. » Des études ? Il en faut ; car le parc de l’Ahaggar, s’étendant sur une superficie de 450 000km2, regroupe plusieurs sites et monuments historiques dont les secrets méritent amplement d’être mis en lumière de façon rationnelle.
C’est un berceau de multiples civilisations dont témoignent les sites paléo-inférieurs, paléo-moyens, néolithiques, rupestres et proto-historiques.
Dans ce contexte, la Casbah de Badjouda. située au centre ville d’In Salah, bénéficiera prochainement d’une étude pour sa réhabilitation alors que les Casbah de Ouled El Mokhtar, Ouled Baba Aïssa, Ouled Ahl Azzi et Ksar El Mourabitines sont en voie d’être classées. «Actuellement, il y a un programme avec le PNUD pour le parc du Tassili et le Hoggar», nous confie notre interlocuteur.
Par ailleurs, et outre la forêt de bois pétrifié, la région d’In Salah offre également un véritable musée à ciel ouvert. Ainsi, peut-on notamment découvrir des fossiles marins de l’ère primaire (Déronien, 395-345 millions d’années), des vers de mer, des moulages d’oursins, de cétacés marins (141-65 millions d’années), etc.
Ces fossiles attestent bien que la région a vécu autrefois dans une luxuriance «amazonienne» et sous un climat beaucoup moins rude que celui qu’elle connaît actuellement.
Il y a quelques huit mille ans, l’actuel désert était parsemé de lacs et l’Ahaggar-Tidikelt avait le privilège d’abriter une flore venue des bords de la Méditerranée, poussée par les pluies fraîches. Contradictoirement, la faune était «éthiopienne» et ce n’est pas le moindre paradoxe que d’imaginer un chasseur guettant un hippopotame, à l’abri d’un tilleul poussé au bord d’un lac de l’Immidir ! Là où l’eau se fait de plus en plus rare (il ne tombe annuellement dans l’Ahaggar que quelques centimètres de pluie). Une coquille de mollusque subfossile, celle lalimicolaire de Chudeau, révèle qu’au début du néolithique, la région recevait un minimum de cinquante centimètres de précipitations.
En effet, ces restes marins trouvés un peu partout à travers le Tidikelt, nous apprennent qu’il existait autrefois des mers en ces endroits du Sahara algérien.
En attendant la réglementation qui devrait fixer les sites à étudier et les sites autorisés à la visite, la région du Tidikelt reste un espace dénudé, dévoré par le soleil, où tout se consume depuis des siècles dans une incandescence immobile. Une beauté des lieux et la bonté de cet «homme du désert», authentique mais méconnu, dans le prolongement du Sahara et le recommencement de la civilisation.
L’Ahaggar fief des civilisations
La wilaya de Tamanrasset englobe, à elle seule, une bonne partie du Sahara central. Au cœur de cette région, le Hoggar (Ahaggar) est un massif montagneux, volcanique circulaire, dominé par une sorte de plateau, l’Atakor, d’une altitude moyenne de 2 000 m, hérissé de pitons atteignant plus de 3 000 m.
La région de l’Ahaggar, déjà connue pour son patrimoine archéologique, architectural, artistique et naturel susceptible d’être exploité non seulement sur le plan touristique mais aussi sur le plan social, économique et culturel demeure notamment l’un des plus beaux déserts du monde. Certains parlent d’une planète à part, d’un autre monde fait de lumières et de couleurs, où la pureté de l’air et le silence immense vous grisent, où l’impression de liberté vous enivre.
Il n’y a pas que du sable et des dunes comme pourraient penser les néophytes, le visiteur est surpris par la variété permanente des paysages, plaines énimaginables, plateaux, falaises déchiquetées, montagnes inattendues, oueds où surgissent des tâches de verdure, gueltas verdoyantes, oasis, ksours. Des couleurs sans cesse changeantes du sol et des roches et tous les décors qui harcèlent votre imagination : ergs, regs, hamadas, tassilis.
Autour de l’Ahaggar, en couronne discontinue, on trouve les Tassilis, où se mêlent roches et sables; les plus connus sont : les Tassilis N’Ahaggar (à 300km au sud-est de Tam) et N’Ajjers (à 600 km au nord-est de Tam).
Au cours de son long cheminement à travers les siècles, le Hoggar a toujours été une étape importante pour les caravanes commerciales qui sillonnent le Sahara. Les voyageurs et historiens arabes du Moyen-Age, nous renseignent également sur le mode de vie des habitants du Sahara à la fois pasteurs-nomades et guerriers.
Aussi, la présence humaine dans cette région remonte de 600 000 à 1 000 000 d’années, âge attribué par les découvertes réalisées au niveau de la région du Tassili et du Tidikelt. Les vestiges matériels sont de toute façon peu nombreux. Et c’est au Sahara où le climat était humide que la civilisation devait connaître son apogée comme l’attestent les impressionnantes et fascinantes peintures et gravures rupestres du Tassili et du Hoggar.
Les vestiges trouvés jusqu’alors, constitués d’objets de la vie courante d’autrefois et par d’extraordinaires peintures et gravures datant de 600 à 5400 avant J.C, font apparaître quatre grandes périodes :
La période bubaline
(de -6600 à -4000) ou le néolithique ancien. Avec un climat d’abord chaud et humide évoluant vers un climat chaud et sec. C’est l’époque archaïque.
La période des pasteurs bovidiens (de -4000 à
-2500) ou le néolithique moyen et final avec un climat chaud et sec de type méditerranéen assez arrosé en montagne. C’est l’époque bovidienne (période du bœuf domestiqué).
La période cabaline (de
-2500 à l’ère protohistorique : notre ère) Le climat sahélien sec remplaçant progressivement un climat méditerranéen sec. C’est la période équidienne (période à chars et à cavalerie)
Du Ve au VIIe siècle avant J.C, l’Ahaggar connut une ouverture des routes commerciales avec l’Afrique subtropicale en faisant le carrefour d’échange entre l’emprise romaine et l’Afrique noire.
La période du chameau
(-300) climat désertique actuel, c’est la période caméline.
L’Assekrem et son coucher…
L’Assekrem, situé à 80 km au nord de Tamanrasset, demeure un lieu très convoité par les visiteurs de tous bords. Son secret, c’est l’un des plus beaux couchers de soleil au monde. Chaque soir, les touristes affluent, appareils photos en bandoulière pour tenter d’éterniser à jamais cette cérémonie solaire et cette superbe vue panoramique sur les vastes plateaux de l’Atakor.
En sa moitié orientale, loge l’énorme culot volcanique d’Iharene (Pic Laperrine), la source thermale de Tahabort et les cascades d’eau d’lmlaoulaouène. Au pied de l’Ahonahamt, on y trouve un tombeau néolithique et des gravures rupestres réparties sur une dizaine de sites. Sur le versant occidental se dresse le majestueux Mont Lamène (2 760m) constitué de faisceaux coniques jaillissant du sol et s’étirant vers le ciel. Un paysage dont l’allure tourmentée et contrastée étonne toujours le voyageur le plus blasé. Un spectacle étonnant, où sillonnent des artères entaillant les flancs des volcans, se regroupant en chenaux envahis par des sables blonds et allant capricieusement se perdre dans les lacs morts au pourtour de l’Ahaggar.
Ainsi, après avoir savouré les quelques minutes du fameux coucher de soleil, le rendez-vous nous a été donné chez Mohamed, le locataire de l’auberge située au pied de lAssekrem. Dans une ambiance fraternelle et autour des trois verres de thés classiques, ce dernier nous raconte l’histoire de l’inconnue du Mali. C’était une jeune femme qui traversait la frontière algérienne pour rejoindre son amant, un Targui, aux abords de Bordj Badji El Mokhtar. Cet acte jugé rebelle par sa famille, la jeune fille fut répudiée.
L’amant mourut quelques années plus tard, ils ne purent se marier. Actuellement devenue vieille, cette héroïne fidèle ne s’est jamais mariée et vit encore au Mali. Toute cette histoire a été déclenchée par son portrait accroché à l’entrée de l’auberge. Une histoire authentique qui pourrait bien inspirer beaucoup de cinéastes et que Mohamed a su narrer en compagnie de son cuisinier Mohamed, le poète venu d’Adrar, dans une ambiance où la bonté, la simplicité et la sincérité étaient de mise.
Sur les traces de Tin Hinan
Après avoir passé une nuit sur les hauteurs de l’Assekrem, nous nous sommes dirigés vers Abalessa, 90 km au nord ouest de Tamanrasset. Là, se trouve une palmeraie et le prestigieux sanctuaire de la reine Tin Hinan. Ce site se situe au sommet d’une colline au confluent des oueds Tifirt et Abalessa. Unique dans tout le Sahara central, il se distingue par ses dimensions : 26,25 m de grands axes et 23,75m de petits axes et par ses structures complexes. Un tracé trapézoïde comprenant 11 chambres et une chambre funéraire.
Les traditions de l’Ahaggar, rapportent qu’à une époque ancienne, deux femmes berbères venant de Tafilalet (Maroc), l’une noble, Tin Hinan, et l’autre vassale, Takama.
Tin Hinan a eu une fille dont se réclament les Kel Ghela et Takama aurait eu deux filles; de l’une descendaient les lhadharen et de l’autre les dag Ghali et Aït Loayen. Le tumulus daterait du Ve siècle de notre ère et la dépouille serait celle de Tin Hinan, baptisée Antinéa par l’explorateur Henri Lhote (1984). Son squelette est aujourd’hui conservé au musée du Bardo à Alger.
De là, nous emboîtons le pas vers Tit, un petit village situé à 40km au nord de Tamanrasset, sur la RN1. C’est un ensemble de stations rupestres les plus importantes de l’Ahaggar ; et plus particulièrement la station de Tenessa dont l’inventaire faunistique comporte des éléphants, des girafes, des autruches et des antilopes.
Dans ce lieu paradisiaque, nous apercevons des zébus (vaches africaines) au bord d’un cours d’eau. C’est une source limpide où l’on peut se rafraîchir en attendant la cuisson de Taguella (une galette cuite dans le sable).
Lors de notre pause, l’occasion nous a été donnée de rencontrer une équipe de gardes-forestiers accompagnés d’un vétérinaire traquant une cinquantaine de cigognes, et ce, dans le cadre de la lutte contre les oiseaux migrateurs et porteurs du virus de la grippe aviaire.
A cette occasion, M. Hacène Benziar, vétérinaire dans la wilaya de Tamanrasset a tenu à démentir la rumeur stipulant qu’il existe des cas de grippe aviaire dans cette wilaya. «La preuve, nous dit-il, est que le prix du poulet n’a pas chuté», rajoutant que les 19 vétérinaires que compte la wilaya n’ont trouvé aucun volatile porteur du virus en question. Dans ce cadre, M. Benziar nous a également informé qu’un projet relatif à la réalisation de deux observatoires au niveau de Tin Zaouatine et de Lazarets au niveau de Aïn Guezzam, pourraient voir le jour prochainement en cas d’accord entre des experts français et l’Etat algérien.
Tam, c’est aussi cela...
Si l’activité touristique est un élément moteur pouvant permettre le décollage économique, la mise en valeur des richesses humaines et naturelles tout en étant un espace prometteur en matière de création d’emplois, sur le plan social, la situation n’est pas aussi rose qu’on le croit. L’éternel problème du chômage qui, selon une source digne de foi, avoisine 20,72%, demeure l’un des principaux problèmes rencontrés par la jeunesse. Une situation qui se complique d’ailleurs par l’immigration clandestine. Les «souadines», comme tient-on à les appeler, sont surexploités à bas prix (100 DA la journée et parfois moins). Même les mineurs n’échappent pas à ce type d’asservissement.
En 2005, le bilan de la gendarmerie fait état de 2 229 arrestations d’immigrés clandestins de différentes nationalités africaines, alors que les nationalités asiatiques sont représentées par l’Inde avec 143 ressortissants et le Bangladesh avec 25 ressortissants.
Parmi cette armada, 2 071 «clandos» ont été expulsés et 185 écroués. Un mouvement qui n’épargne aucun effort pour passer les frontières, en dépit des risques encourus. De ce fait, 26 cas de falsification de passeports ont été enregistrés en 2005, et 299 passeports de nationalités différentes saisis. C’est également cette immigration qui a transplanté le SIDA dans la région. Et ce ne sont pas les chiffres qui nous démentiront du moment que Tamanrasset occupe la première place à l’échelle nationale. Une réalité reflétée par les maisons closes situées au quartier du Château d’eau, aux environs de Guatâ El Oued.
Cette zone est également dangereuse, au vu des agressions perpétrées par les «souadines». Beaucoup ont payé de leur vie en traversant cet oued à la nuit tombée. Outre cela, le bouquet ne saurait être complété que par la toxicomanie qui fait bon ménage avec ces milieux.
Ainsi, sur 117 personnes interpellées au cours de la semaine du 9 au 25 janvier de l’année en cours, 50 sont des étrangers. Tam ?
C’est aussi cela !
La Nouvelle République 05 Avril 2006
Le barrage Beni Haroun :
entre constats et perspectives
("La Nouvelle République, samedi 18 juin 2005 ")
Relevant de la commune de Grarem Gouga (w. de Mila), le barrage Beni Haroun est considéré comme l’un des plus grands projets réalisés à ce jour sur le plan national. Cet énorme édifice, situé au cœur d’un grand complexe hydraulique est conçu en BCR (Béton compact roulé ) selon une nouvelle technique de réalisation des barrages (créée en 1980). Sur le plan technique, il atteint les 120 mde hauteur à partir de la fondation, une longueur de 710 m en crête, avec capacité de retenue normale de 960 millions de m3 l’an. Son bassin versant est estimé à 7 725 Km2, et sera d’un apport annuel moyen d’environ 730m3/an avec un volume régularisé de 435 millions de m3/an.
Ce site stratégique, dont le coût avoisine les 3 milliards de dollars, est un atout maître pour le Constantinois et les Aurès, dans la mesure où les infrastructures complémentaires programmées, dans une perspective trentenaire, prolongeront ses tentacules vers les wilayas de Mila, Constantine, Jijel, Oum El Bouaghi, Batna et Khenchela, appelant ainsi d’autres projets.
Dans ce contexte, nous citerons la station de pompage de Beni Haroun qui constitue le premier maillon du transfert de Beni Haroun vers les autres régions. Cette station est l’une des plus grandes au monde. D’une puissance de 180 Mw, (mégawatts) elle refoule un débit de 23m3/s, soit plus de 1,5 million de m3/jour, sur une hauteur de 700m.
En second lieu, le barrage de Bled Youcef (Oued El Athmania), la conduite sur une longueur de l2 km reliant la station de pompage et le barrage à partir de la station de Aïn Tine, ainsi qu’un tunnel de 6 km de long traversant Djebel Lakhal (Aïn Tine). D’après les responsables de l’ANB, ces infrastructures permettront, l’approvisionnement en eau potable, d’environ 4,62 millions d’habitants et l’irrigation de 30 000 ha, allant ainsi, jusqu’aux plaines de Téleghma, Chemorra et Tafoula (Batna)
Ce site stratégique, dont le coût avoisine les 3 milliards de dollars, est un atout maître pour le Constantinois et les Aurès, dans la mesure où les infrastructures complémentaires programmées, dans une perspective trentenaire, prolongeront ses tentacules vers les wilayas de Mila, Constantine, Jijel, Oum El Bouaghi, Batna et Khenchela, appelant ainsi d’autres projets.
Dans ce contexte, nous citerons la station de pompage de Beni Haroun qui constitue le premier maillon du transfert de Beni Haroun vers les autres régions. Cette station est l’une des plus grandes au monde. D’une puissance de 180 Mw, (mégawatts) elle refoule un débit de 23m3/s, soit plus de 1,5 million de m3/jour, sur une hauteur de 700m.
En second lieu, le barrage de Bled Youcef (Oued El Athmania), la conduite sur une longueur de l2 km reliant la station de pompage et le barrage à partir de la station de Aïn Tine, ainsi qu’un tunnel de 6 km de long traversant Djebel Lakhal (Aïn Tine). D’après les responsables de l’ANB, ces infrastructures permettront, l’approvisionnement en eau potable, d’environ 4,62 millions d’habitants et l’irrigation de 30 000 ha, allant ainsi, jusqu’aux plaines de Téleghma, Chemorra et Tafoula (Batna)
Réception et maintenance
Le barrage a été réceptionné définitivement avec un taux de réalisation de 100%. Actuellement, il est géré par des cadres algériens. Sa mise en service a débuté depuis le mois d’Août 2003. Quant à son remplissage, et pour mettre un terme à toutes spéculations, les responsables chargés de son exploitation précisent que de par le monde, les barrages sont remplis selon des techniques et des critères précis. Et l’on ne peut pas effectuer cette opération d’un seul trait. Donc, on doit respecter les trois étapes suivantes. Au cours de la première étape, il faut atteindre une hauteur de 140 m, un seuil déjà dépassé et suivi d’un contrôle technique rigoureux des structures internes, externes et périphériques du barrage, tel qu’il est pratiqué à l’échelle mondiale. Une opération qui a duré 4 mois et qui s’est soldée par des résultats jugés positifs. Ce qui a permis le passage à la seconde étape, à savoir le remplissage à 172 m. Un niveau atteint récemment. Cette période au cours de laquelle les mêmes opérations de contrôle seront effectuées, durera jusqu’au mois de septembre prochain. Suite à quoi, succèdera la troisième phase, et ce, après l’évaluation de la réaction de l’édifice, en question, à la pression des eaux. Au cours de la troisième étape, le remplissage final atteindra une hauteur de 200 m. Aussi, et après contrôle, l’une des voies a été récemment ouverte, et ce, après avoir constaté que le niveau des eaux a dépassé le seuil qui lui était délimité au cours de la deuxième phase à savoir les 172 m et qui doit être conservé durant 4 mois. Ce qui dément les spéculations imputant cette ouverture à l’assainissement du barrage.
En outre, l’idée de pollution du barrage taraude également les esprits des citoyens. Dans ce sens, les responsables de l’ANB ne renient pas cet état de fait, et imputent cette pollution partielle aux communes avoisinantes dont les eaux usées sont déversées dans le barrage et aux citoyens qui y déversent leurs déchets de façon anarchique. Cependant, ces mêmes responsables précisent que cette pollution ne sera pas éternelle dans la mesure où, en sus des campagnes de sensibilisation, des mesures ont été prises, conformément aux méthodes modernes d’assainissement et de maintenance des barrages. Ainsi, dans un premier temps, l’action portera sur l’éradication des sources de pollution, là où elles se trouvent.
Ensuite, on passe au traitement avec notamment le renouvellement progressif des eaux. Au cours de cette étape, les eaux polluées sont déversées et remplacées par des eaux de pluie. Une méthode d’ailleurs utilisée à l’échelle mondiale, dans le cadre de la dépollution. Cette opération est également renforcée par l’équipe de ramassage qui effectue des rondes régulières pour recueillir les détritus et les huiles déversés et les rejeter hors du barrage, dans des lieux réservés à cet effet.
Enfin, dans ce contexte, les responsables du barrage lancent un appel à tous les citoyens afin de respecter la propreté du site et d’éviter d’y déposer des détritus. Un appel à la prise en charge collective puisqu’il y va de l’intérêt de tous.
En outre, l’idée de pollution du barrage taraude également les esprits des citoyens. Dans ce sens, les responsables de l’ANB ne renient pas cet état de fait, et imputent cette pollution partielle aux communes avoisinantes dont les eaux usées sont déversées dans le barrage et aux citoyens qui y déversent leurs déchets de façon anarchique. Cependant, ces mêmes responsables précisent que cette pollution ne sera pas éternelle dans la mesure où, en sus des campagnes de sensibilisation, des mesures ont été prises, conformément aux méthodes modernes d’assainissement et de maintenance des barrages. Ainsi, dans un premier temps, l’action portera sur l’éradication des sources de pollution, là où elles se trouvent.
Ensuite, on passe au traitement avec notamment le renouvellement progressif des eaux. Au cours de cette étape, les eaux polluées sont déversées et remplacées par des eaux de pluie. Une méthode d’ailleurs utilisée à l’échelle mondiale, dans le cadre de la dépollution. Cette opération est également renforcée par l’équipe de ramassage qui effectue des rondes régulières pour recueillir les détritus et les huiles déversés et les rejeter hors du barrage, dans des lieux réservés à cet effet.
Enfin, dans ce contexte, les responsables du barrage lancent un appel à tous les citoyens afin de respecter la propreté du site et d’éviter d’y déposer des détritus. Un appel à la prise en charge collective puisqu’il y va de l’intérêt de tous.
Niveau actuel et fuite des eaux
Selon les responsables de ce secteur, le niveau actuel atteint les 260 millions de m3, ce qui permettra la mise en marche de la station de pompage, dès son achèvement, et qui peut être utilisée à partir d’un seuil de 172 millions de m3. Par ailleurs, les fuites constatées s’explique en grande partie par la pression des eaux qui qui a atteint 160 millions de m3 en amont, ce qui a eu un impact sur les eaux profondes et la base du barrage. Constat qui, toutefois. ne constitue aucun danger, car, d’une part, ces fuites sont situées en profondeur du barrage et d’autres part, cela se produit dans tous les grands barrages du monde. Ce qui n’exclut en rien le colmatage des brèches enregistrées.
A cet effet, il a été fait appel à une société italienne qui a déjà entamé les travaux depuis sept mois. Mise en service du réseau d’AEP Pour ce qui est de l’AEP, sa distribution aux wilayas limitrophes, qui devrait se faire en fin 2004, a été différée à 2005 et à chaque fois l’échéance est retardée. Quelles explications à cela ? Une situation qui se justifie, selon les responsables, par des urgences qui ont entravé le rythme des travaux -, rassurant par la même occasion que les couloirs proximaux du barrage tels que la ville de Mila, Sidi Mérouane, Grarem et les autres communes seront alimentés en eau potable à partir de la fin 2005. Promesse qui demeure également tributaire de l’achèvement des travaux relevant de la station de pompage Beni Haroun et celle de l’épuration de Aïn Tine prise en charge par l’Algérienne des eaux.
Cette station, en voie de réalisation par une société chinoise, assurera dans une première étape une capacité de traitement de 64 500 m3/jour, pour enfin atteindre les 86 000m3/jour, au cours de la seconde étape. En outre, deux autres stations d’épuration relevant de l’Office national d’épuration, et dont les canaux conducteurs seront installés par l’ADE, constitueront l’ultime étape qui permettra l’approvisionnement de la wilaya de Constantine à partir du barrage annexe situé à Sidi Khelifa et qui est en cours de réalisation.
A cet effet, il a été fait appel à une société italienne qui a déjà entamé les travaux depuis sept mois. Mise en service du réseau d’AEP Pour ce qui est de l’AEP, sa distribution aux wilayas limitrophes, qui devrait se faire en fin 2004, a été différée à 2005 et à chaque fois l’échéance est retardée. Quelles explications à cela ? Une situation qui se justifie, selon les responsables, par des urgences qui ont entravé le rythme des travaux -, rassurant par la même occasion que les couloirs proximaux du barrage tels que la ville de Mila, Sidi Mérouane, Grarem et les autres communes seront alimentés en eau potable à partir de la fin 2005. Promesse qui demeure également tributaire de l’achèvement des travaux relevant de la station de pompage Beni Haroun et celle de l’épuration de Aïn Tine prise en charge par l’Algérienne des eaux.
Cette station, en voie de réalisation par une société chinoise, assurera dans une première étape une capacité de traitement de 64 500 m3/jour, pour enfin atteindre les 86 000m3/jour, au cours de la seconde étape. En outre, deux autres stations d’épuration relevant de l’Office national d’épuration, et dont les canaux conducteurs seront installés par l’ADE, constitueront l’ultime étape qui permettra l’approvisionnement de la wilaya de Constantine à partir du barrage annexe situé à Sidi Khelifa et qui est en cours de réalisation.
Prévention et répression
Ainsi, et dans une perspective préventive des différents accidents qui pourraient éventuellement être occasionnés, des panneaux ont été mis en place mettant en garde les citoyens contre les baignades et la pêche qui n’y sont pas autorisées. Néanmoins et afin de développer la pisciculture et permettre aux mordus de la pêche de pratiquer leur sport roi, une première opération de mise en eau d’espèces de poissons adaptés au barrage, a été effectuée dans l’attente de la réception prochaine, d’autres espèces qui seront ramenées de Jijel. Quant à l’ouverture de la pêche, elle se fera au moment opportun, d’après les responsables et d’une manière organisée avec l’encadrement des associations.
En outre, la prévention portera également sur l’implantation prochaine d’arbres, tout au long des deux rives du barrage, délimitant ainsi un périmètre sécuritaire, sur une longueur de 25 km. Quant aux mesures répressives, des tournées quotidiennes sont effectuées par des équipes de l’ANB, et l’on enregistre, à l’heure actuelle, 30 PV dressés, avec comparution en justice, à l’encontre de citoyens utilisant les eaux du barrage à des fins d’irrigation.
En outre, la prévention portera également sur l’implantation prochaine d’arbres, tout au long des deux rives du barrage, délimitant ainsi un périmètre sécuritaire, sur une longueur de 25 km. Quant aux mesures répressives, des tournées quotidiennes sont effectuées par des équipes de l’ANB, et l’on enregistre, à l’heure actuelle, 30 PV dressés, avec comparution en justice, à l’encontre de citoyens utilisant les eaux du barrage à des fins d’irrigation.
17-06-2005, Reportage réalisé par Chérif Abdedaïm
Mila :
Zarazza : entre espoirs et contraintes
Juchée sur son mirador, la commune de Minar Zarazza guette ses rares visiteurs. Et pourtant, elle n’a rien à envier aux autres régions. Son maillon faible est d’avoir été victime de son enclavement. Sur ses 1 500 m de hauteur, par rapoprt au niveau de la mer, elle peine à offrir des voies d’accès à de potentiels visiteurs ou à franchir le cap de l’oubli. En arpentant ses routes sineuses, le visiteur découvre une région, en grande partie, montagneuse lui offrant à l’occasion sa palette de couleurs et son air frais. Un signe d’hospitalité dont se distinguent ses habitants.
Cette commune, issue du découpage administratif de 1984 se trouve dans la zone nord de la wilaya de Mila. D’une superficie de 66,5 km2, elle est traversée par Oued El Kébir d’Est en Ouest sur une distance de 15 km. Ses 25 mechtas, en sus du chef lieu de commune, abritent une population de 2 300 habitants, constituée à 70% de jeunes. Un relief à 80% montagneux, avec plus de 300 ha de chêne, mais également pastoral, vu sa proximité des régions de Tassala et de Djimla.
Cette région enclavée a entamé son mouvement de développement, quoique lent, au même titre que les autres régions, toutefois, les aléas de la décennie noire ont réduit son allure pour ne pas dire occulté la situation au point où le seul souci de ses habitants était devenu la lutte anti-terroriste. Plus de 400 familles ont déserté cette région, alors que plus de 500 patriotes avaient pris les armes pour lutter contre ce fléau. Entre autres séquelles dues à ce désastre, faut-il également relever l'anéantissement du parc roulant communal par les hordes qui sillonnaient la région, dont cinq bus et autres véhicules ont été incendiés à l'époque.
Après le retour de la paix et l’inscription de plusieurs projets dans le cadre des programmes de développement, les activités économiques semblent reprendre timidement, comparativement à d'autres communes de la wilaya, dans lesquelles subsistent certaines contraintes. Et pourtant ce ne sont pas les atouts qui manquent.
En dépit de sa nature montagneuse, cette région recèle également une superficie de 500 ha utiles à la céréaliculture. A cela, faudrait-il ajouter une superficie de l5 km longeant Oued El Kébir, consacrée à l’arboriculture. Pour cela, il faut avoir goûté aux poires, aux pommes, aux raisins et aux figues de Zarazza. En dépit de leurs menus moyens, les fellahs de la région font tout pour produire des fruits de bonne qualité. Le meilleur exemple est cet engouement affiché, même de la femme rurale, sur l'oléiculture, dans le cadre du PPDR. Dans ce domaine, la région dispose de 5 huileries dont l'une est dotée d’équipements modernes. Quant à la performance productive, on enregistre 7 à 10 litres d’huile pour un sac de 25 kg d’olives. «Une volonté que même les différentes contraintes que connaît la région n'ont pu affaiblir», si l'on se réfère aux propos de Aïssa Minar, P/APC de cette localité.
A commencer par le déficit hydrique. Depuis les années quatre vingts, cette localité était alimentée à partir de la région de Bouhani (daïra de Rouached) sur une distance de 7 km. Les conduites étant usées par le temps, sont devenues incompatibles avec la nature du terrain ; d'où des dizaines de fuites qui sont réparées quotidiennement dans des conditions difficiles, vu la nature des terrains. Ces conduites, passant par Oued El Kebir, sont parfois inondées par le niveau des crues, ce qui cause, la plupart du temps, leur endommagement. Les opérations de réhabilitation se font 5 à 6 fois par an sur une distance de 50m ; alors que beaucoup de pertes pourraient être évitées en œuvrant pour une solution définitive. Une solution qui semble en voie d'être adoptée, et ce, par l'inscription d'un projet de renouvellement des conduites en fonte dans le cadre du programme sectoriel. C’est, semble-t-il, une matière résistante aux intempéries. Dans ce contexte, on compte également construire un second réservoir d'une capacité de 500m3. Si ces projets ne vont pas résoudre définitivement le problème, ils vont, par contre, l'alléger, de l'avis de M. Mina, car, le réseau actuel touche uniquement 5 mechtas. En prévision également du renforcement des ressources hydriques, une étude géophysique, financée par l'APC, a été effectuée en vue de procéder à des forages dans les régions de Ghdir Eteldj et El Anasser. Pour ce qui est des moyens actuels, certains habitants ont foré des puits, alors que d'autres ont recours aux fontaines publiques, exception faite de la région d’Agarou où les citoyens disposent de plusieurs sources, ce qui fait d'ailleurs la bonne qualité de ses fruits.
Autre contraintes, les différents produits agricoles demeurent pour la plupart inconnus des consommateurs des autres régions. Si leur place est largement méritée sur les marchés, leur transport pose un problème de taille. Outre le manque de chaînes de froid, les véhicules de transport évitent cette région à cause de la détérioration de l'état des routes. Un problème qui de par les propos du P/APC, ne saurait tarder à être résolu, au su des projets inscrits dans les différents programmes. Le potentiel routier actuel de la commune s'élève à 60km de routes bitumées et des dizaines de pistes. Dans ce cadre, le plus grand projet de la région est le passage de la RN77A sur une distance de 15 km. Cette route qui reliera les wilayas de Jijel et Sétif en passant celle de Mila, traversera les localités de Zarazza, Tassadane, Ferdjioua et autres. Un projet vital à même d'insuffler une dynamique économique nouvelle à cette région et contribuer à son désenclavement. Ce projet permettra également de diminuer, la distance par rapport au chef-lieu de wilaya. Actuellement, il faut parcourir 70 km pour y arriver, alors qu'avec le passage de la RN77A, la distance sera réduite de 20 km.
En sus de ce grand projet, l’ouverture de pistes a été également envisagée en collaboration avec les services des forêts dans le cadre des PPDR. Dans ce même registre, l’un des autres maillons de la chaîne des contraintes demeure également le transport. En dépit des moyens actuels dont dispose cette commune, tous types de transports confondus, le problème persiste surtout dans le domaine scolaire. Car, plus de 60% des collégiens se déplacent quotidiennement pour rejoindre les bancs de leurs établissements. La commune disposant d'un seul CEM, le surplus des collégiens étant obligé de se diriger vers les 3 autres établissements situés hors du chef-lieu. Un problème qui n'épargne également pas les universitaires qui doivent se déplacer à Constantine et Jijel. En outre, le contexte scolaire souffre également du manque de cantines, de la surcharge des classes et de la vétusté des infrastructures dont 14 sont en voie de destruction, de l’avis des services techniques.
Par ailleurs, le volet sanitaire n'est pas non plus rose, comparativemerit à d'autres régions. D'abord en matière d'infrastructures, la commune dispose de salles de soins dont 4 seulement sont fonctionnelles. Pour les trois autres, l'une a été incendiée durant les années de terrorisme, la seconde occupée est par les gardes communaux ; alors que la troisième manque de personnel. En matière de prestations sanitaires, on a enregistré beaucoup de tragédies, surtout lors de l'évacuation des malades sur le secteur sanitaire de Ferdjioua. Ce constat concerne surtout les femmes enceintes qui accouchent en cours de route et succombent suite à des hémorragies. De ce fait, les habitants de la région souhaitent la construction d'un centre de santé doté d’une salle d'accouchement, d’un personnel qualifié et une ambulance pour évacuer leurs malades. En matière de personnel, on enregistre un déficit que ni les agents recrutés dans le cadre du filet social ni les trois médecins généralistes privés n'arrivent à combler. Un manque qui s'expliquerait par l'absence d'infrastructures d'accueil. La plupart des agents de la santé refusent de s'y rendre, faute de logement. Une crise dont Zarazza n'est pas non plus exclue, car avec le retour des populations, on a enregistré 1 200 demandes de logements sociaux et
2 200 demandes de logements ruraux. Dans ce sens, la commune n’a bénéficié que d'une centaine de logements sociaux, alors que pour le logement rural, 330 dossiers attendent l'approbation de la commission de wilaya. Parmi ceux-là figurent certaines familles qui ont quitté la région lors de la décennie noire et qui ne peuvent plus habiter leurs anciens domiciles, vu le manque d'électrification. Les câbles électriques ont été, pour la plupart, sectionnés ou dérobés. A cet effet, on dénombre 300 logements non raccordés au réseau électrique et leurs propriétaires n'ont pas les moyens requis pour y remédier, d'où leur requête adressée au P/APC qui, à son tour, demande le concours de Sonelgaz pour mettre fin à cette situation.
Ainsi, en matière de logement rural, le bilan actuel fait état de 60 familles logées alors que 70% des autres logements sont en cours de réalisation. Restent enfin quelques bénéficiaires qui n'ont pas entamé les travaux à cause du problème du foncier et qui, apparemment, sera réglé prochainement.
Cette commune, issue du découpage administratif de 1984 se trouve dans la zone nord de la wilaya de Mila. D’une superficie de 66,5 km2, elle est traversée par Oued El Kébir d’Est en Ouest sur une distance de 15 km. Ses 25 mechtas, en sus du chef lieu de commune, abritent une population de 2 300 habitants, constituée à 70% de jeunes. Un relief à 80% montagneux, avec plus de 300 ha de chêne, mais également pastoral, vu sa proximité des régions de Tassala et de Djimla.
Cette région enclavée a entamé son mouvement de développement, quoique lent, au même titre que les autres régions, toutefois, les aléas de la décennie noire ont réduit son allure pour ne pas dire occulté la situation au point où le seul souci de ses habitants était devenu la lutte anti-terroriste. Plus de 400 familles ont déserté cette région, alors que plus de 500 patriotes avaient pris les armes pour lutter contre ce fléau. Entre autres séquelles dues à ce désastre, faut-il également relever l'anéantissement du parc roulant communal par les hordes qui sillonnaient la région, dont cinq bus et autres véhicules ont été incendiés à l'époque.
Après le retour de la paix et l’inscription de plusieurs projets dans le cadre des programmes de développement, les activités économiques semblent reprendre timidement, comparativement à d'autres communes de la wilaya, dans lesquelles subsistent certaines contraintes. Et pourtant ce ne sont pas les atouts qui manquent.
La terre et l'eau
En dépit de sa nature montagneuse, cette région recèle également une superficie de 500 ha utiles à la céréaliculture. A cela, faudrait-il ajouter une superficie de l5 km longeant Oued El Kébir, consacrée à l’arboriculture. Pour cela, il faut avoir goûté aux poires, aux pommes, aux raisins et aux figues de Zarazza. En dépit de leurs menus moyens, les fellahs de la région font tout pour produire des fruits de bonne qualité. Le meilleur exemple est cet engouement affiché, même de la femme rurale, sur l'oléiculture, dans le cadre du PPDR. Dans ce domaine, la région dispose de 5 huileries dont l'une est dotée d’équipements modernes. Quant à la performance productive, on enregistre 7 à 10 litres d’huile pour un sac de 25 kg d’olives. «Une volonté que même les différentes contraintes que connaît la région n'ont pu affaiblir», si l'on se réfère aux propos de Aïssa Minar, P/APC de cette localité.
A commencer par le déficit hydrique. Depuis les années quatre vingts, cette localité était alimentée à partir de la région de Bouhani (daïra de Rouached) sur une distance de 7 km. Les conduites étant usées par le temps, sont devenues incompatibles avec la nature du terrain ; d'où des dizaines de fuites qui sont réparées quotidiennement dans des conditions difficiles, vu la nature des terrains. Ces conduites, passant par Oued El Kebir, sont parfois inondées par le niveau des crues, ce qui cause, la plupart du temps, leur endommagement. Les opérations de réhabilitation se font 5 à 6 fois par an sur une distance de 50m ; alors que beaucoup de pertes pourraient être évitées en œuvrant pour une solution définitive. Une solution qui semble en voie d'être adoptée, et ce, par l'inscription d'un projet de renouvellement des conduites en fonte dans le cadre du programme sectoriel. C’est, semble-t-il, une matière résistante aux intempéries. Dans ce contexte, on compte également construire un second réservoir d'une capacité de 500m3. Si ces projets ne vont pas résoudre définitivement le problème, ils vont, par contre, l'alléger, de l'avis de M. Mina, car, le réseau actuel touche uniquement 5 mechtas. En prévision également du renforcement des ressources hydriques, une étude géophysique, financée par l'APC, a été effectuée en vue de procéder à des forages dans les régions de Ghdir Eteldj et El Anasser. Pour ce qui est des moyens actuels, certains habitants ont foré des puits, alors que d'autres ont recours aux fontaines publiques, exception faite de la région d’Agarou où les citoyens disposent de plusieurs sources, ce qui fait d'ailleurs la bonne qualité de ses fruits.
Voies d'accès
Autre contraintes, les différents produits agricoles demeurent pour la plupart inconnus des consommateurs des autres régions. Si leur place est largement méritée sur les marchés, leur transport pose un problème de taille. Outre le manque de chaînes de froid, les véhicules de transport évitent cette région à cause de la détérioration de l'état des routes. Un problème qui de par les propos du P/APC, ne saurait tarder à être résolu, au su des projets inscrits dans les différents programmes. Le potentiel routier actuel de la commune s'élève à 60km de routes bitumées et des dizaines de pistes. Dans ce cadre, le plus grand projet de la région est le passage de la RN77A sur une distance de 15 km. Cette route qui reliera les wilayas de Jijel et Sétif en passant celle de Mila, traversera les localités de Zarazza, Tassadane, Ferdjioua et autres. Un projet vital à même d'insuffler une dynamique économique nouvelle à cette région et contribuer à son désenclavement. Ce projet permettra également de diminuer, la distance par rapport au chef-lieu de wilaya. Actuellement, il faut parcourir 70 km pour y arriver, alors qu'avec le passage de la RN77A, la distance sera réduite de 20 km.
En sus de ce grand projet, l’ouverture de pistes a été également envisagée en collaboration avec les services des forêts dans le cadre des PPDR. Dans ce même registre, l’un des autres maillons de la chaîne des contraintes demeure également le transport. En dépit des moyens actuels dont dispose cette commune, tous types de transports confondus, le problème persiste surtout dans le domaine scolaire. Car, plus de 60% des collégiens se déplacent quotidiennement pour rejoindre les bancs de leurs établissements. La commune disposant d'un seul CEM, le surplus des collégiens étant obligé de se diriger vers les 3 autres établissements situés hors du chef-lieu. Un problème qui n'épargne également pas les universitaires qui doivent se déplacer à Constantine et Jijel. En outre, le contexte scolaire souffre également du manque de cantines, de la surcharge des classes et de la vétusté des infrastructures dont 14 sont en voie de destruction, de l’avis des services techniques.
Par ailleurs, le volet sanitaire n'est pas non plus rose, comparativemerit à d'autres régions. D'abord en matière d'infrastructures, la commune dispose de salles de soins dont 4 seulement sont fonctionnelles. Pour les trois autres, l'une a été incendiée durant les années de terrorisme, la seconde occupée est par les gardes communaux ; alors que la troisième manque de personnel. En matière de prestations sanitaires, on a enregistré beaucoup de tragédies, surtout lors de l'évacuation des malades sur le secteur sanitaire de Ferdjioua. Ce constat concerne surtout les femmes enceintes qui accouchent en cours de route et succombent suite à des hémorragies. De ce fait, les habitants de la région souhaitent la construction d'un centre de santé doté d’une salle d'accouchement, d’un personnel qualifié et une ambulance pour évacuer leurs malades. En matière de personnel, on enregistre un déficit que ni les agents recrutés dans le cadre du filet social ni les trois médecins généralistes privés n'arrivent à combler. Un manque qui s'expliquerait par l'absence d'infrastructures d'accueil. La plupart des agents de la santé refusent de s'y rendre, faute de logement. Une crise dont Zarazza n'est pas non plus exclue, car avec le retour des populations, on a enregistré 1 200 demandes de logements sociaux et
2 200 demandes de logements ruraux. Dans ce sens, la commune n’a bénéficié que d'une centaine de logements sociaux, alors que pour le logement rural, 330 dossiers attendent l'approbation de la commission de wilaya. Parmi ceux-là figurent certaines familles qui ont quitté la région lors de la décennie noire et qui ne peuvent plus habiter leurs anciens domiciles, vu le manque d'électrification. Les câbles électriques ont été, pour la plupart, sectionnés ou dérobés. A cet effet, on dénombre 300 logements non raccordés au réseau électrique et leurs propriétaires n'ont pas les moyens requis pour y remédier, d'où leur requête adressée au P/APC qui, à son tour, demande le concours de Sonelgaz pour mettre fin à cette situation.
Ainsi, en matière de logement rural, le bilan actuel fait état de 60 familles logées alors que 70% des autres logements sont en cours de réalisation. Restent enfin quelques bénéficiaires qui n'ont pas entamé les travaux à cause du problème du foncier et qui, apparemment, sera réglé prochainement.
Où en est le PADSEL NEA ?
Une jeunesse délaissée :
La commune de Zarazza compte parmi les 8 communes pauvres de la wilaya touchées par le PADSEL/NEA. Ce programme qui, rappelons-le, a été conçu en collaboration avec l’Union européenne dont l’apport financier est à hauteur de 70 millions d'euros, vise à aider les populations à créer leurs propres ressources. Programmé sur cinq ans, il est à sa troisième année. Qu'en est-il de sa réalisation ? Question que nous avons posée au P/APC de cette localité. Dans ce cadre, nous rétorque M. Minar, une association a été créée et parmi les 6 projets retenus sur les dizaines étudiés, notons l'ouverture de pistes, la construction de dalots, de fontaines publiques. Des projets censés répondre aux besoins de la commun ; mais non lancés vu que les appels d'offres ont été infructueux. On en ignore pour l’instant les raisons, selon M. Minar, qui estime que l'évaluation des projets doit obéir à leurs exigences, leur nature et la réalité du terrain. Ce qui ne semble pas entendu de la même oreille par le partenaire européen qui de l’avis de notre interlocuteur, fixe le montant approximatif des projets sans aucune concertation avec les maîtres d'ouvrages, d'où le refus de ces derniers à soumissionner. Ainsi et de par le constat actuel, ce projet de développement semble encore loin de réaliser les ambitions préconisées et ses objectifs qui, normalement, devraient contribuer à la création de postes d'emploi afin d'alléger la crise du chômage dont souffrent les jeunes de la région.
Une jeunesse délaissée :
Cette strate qui constituent 70% de la population et dont une minorité travaille dans l'agriculture alors que pour le reste si ce n’est pas l’exode vers Alger ou l'étranger, c'est l'oisiveté quotidienne qui use leur vie. Une oisiveté renforcée par le manque d'infrastructures culturelles et sportives. Et, ce n’est que récemment que la construction d'une Maison de jeunes a été programmée par la DJS. Pour ce qui est du domaine sportif, la proposition de la construction d'un stade communal demeure au stade embryonnaire en dépit des demandes adressées aux autorités compétentes, et ce, depuis septembre 2004.
Un projet ayant, pourtant, eu l’aval du wali lors de la séance de travail tenue à Tassadabe Haddada en date du 15 septembre 2004. Une correspondance a été adressée au wali en date du 19 juin 2006 pour l'inscription dudit projet demeure sans suite jusqu’à l'heure actuelle alors que le choix de l'assiette foncière a été déjà effectué. Ce rêve que la plupart des jeunes footballeurs n'ont pu voir se concrétiser, a incité beaucoup d'entre eux à se diriger vers Draria où un entrepreneur Zarazzi a créé un club au nom de Zarazza et qui n’arrête pas de surprendre par ses bonnes performances. Mais la volonté ne suffit pas, car, ceux-là également ont droit à des aires de jeu, à l’image des autres régions. Pour les activités sportives à Zarazza, elles sont vouées aux volontés individuelles : il n'y a ni encadrement ni infrastructures et pourtant, les jeunes Zarazzis se sont illustrés à plusieurs reprises lors des différents cross-contry organisés par la wilaya. Un rêve qui, peut-être, pourrait, en partie, atténuer la construction de d’un grand complexe, sportif et touristique, que compte réaliser un investisseur privé dans la région de Settah et l'ouverture d’un espace touristique dans la région de Aïni Ahmed, à 5 km de Zarazza, jouxtant Djebbel Bouaffroun. Ainsi, avec une altitude de 1 500 m, les visiteurs pourraient même apercevoir les wilayas limitrophes et même le grand bleu de Jijel. A cet effet, un dossier a été adressé à la direction du tourisme dans l'attente de prise de mesures adéquates. Entre attentes et contraintes... telle est la vie à Zarazza.
Un projet ayant, pourtant, eu l’aval du wali lors de la séance de travail tenue à Tassadabe Haddada en date du 15 septembre 2004. Une correspondance a été adressée au wali en date du 19 juin 2006 pour l'inscription dudit projet demeure sans suite jusqu’à l'heure actuelle alors que le choix de l'assiette foncière a été déjà effectué. Ce rêve que la plupart des jeunes footballeurs n'ont pu voir se concrétiser, a incité beaucoup d'entre eux à se diriger vers Draria où un entrepreneur Zarazzi a créé un club au nom de Zarazza et qui n’arrête pas de surprendre par ses bonnes performances. Mais la volonté ne suffit pas, car, ceux-là également ont droit à des aires de jeu, à l’image des autres régions. Pour les activités sportives à Zarazza, elles sont vouées aux volontés individuelles : il n'y a ni encadrement ni infrastructures et pourtant, les jeunes Zarazzis se sont illustrés à plusieurs reprises lors des différents cross-contry organisés par la wilaya. Un rêve qui, peut-être, pourrait, en partie, atténuer la construction de d’un grand complexe, sportif et touristique, que compte réaliser un investisseur privé dans la région de Settah et l'ouverture d’un espace touristique dans la région de Aïni Ahmed, à 5 km de Zarazza, jouxtant Djebbel Bouaffroun. Ainsi, avec une altitude de 1 500 m, les visiteurs pourraient même apercevoir les wilayas limitrophes et même le grand bleu de Jijel. A cet effet, un dossier a été adressé à la direction du tourisme dans l'attente de prise de mesures adéquates. Entre attentes et contraintes... telle est la vie à Zarazza.
Reportage réalisé par Chérif Abdedaïm
30-07-2006

